par Dmitry Antonov
MOSCOU, 11 janvier (Reuters) - La Russie a déclaré mardi qu'elle n'était pas optimiste au lendemain d'une première journée de pourparlers avec les Etats-Unis sur l'Ukraine et plus largement la sécurité en Europe, réaffirmant qu'elle ne laisserait pas ses exigences être noyées dans des négociations complexes au long cours.
Porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov a dit n'avoir aucun doute sur le fait que les discussions organisées lundi à Genève s'étaient déroulées dans un esprit de transparence et de franchise avec la volonté d'aborder les questions de fond. Mais la Russie n'est intéressée que par les résultats, a-t-il ajouté.
"Il n'y a là aucune date butoir explicite, personne n'en fixe. Il y a simplement la position russe selon laquelle nous ne nous satisferons pas que ce processus traîne en longueur de manière infinie", a dit Dmitri Peskov.
La Russie a poussé les Etats-Unis vers la table des négociations en massant des forces près de sa frontière avec l'Ukraine, près de huit ans après son annexion de la Crimée, et en présentant en décembre un ensemble d'exigences portant notamment sur l'arrêt de l'expansion de l'Otan, à laquelle Kiev souhaite adhérer, vers l'Est.
Washington a dit ne pas pouvoir accepter ces demandes et les Américains souhaitent pour leur part discuter de questions plus générales telles que les déploiements de missiles et le déroulement des manoeuvres militaires dans la région.
Dmitri Peskov a jugé que la situation s'éclaircirait après les deux autres grands rendez-vous de la semaine, d'abord mercredi dans le cadre d'une réunion Otan-Russie puis jeudi au sein de l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE).
"VISIONS OPPOSÉES"
Les négociateurs russes et américains n'ont donné aucun signe de rapprochement de leurs positions respectives lundi à l'issue de leurs premières discussions à Genève. nL8N2TQ5GL
Le vice-ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Riabkov a déclaré que les deux camps avaient "par certains aspects des visions opposées". "Pour nous, il est absolument obligatoire de garantir que l'Ukraine ne devienne jamais, jamais, jamais membre de l'Otan", a-t-il dit aux journalistes.
La secrétaire d'Etat adjointe Wendy Sherman a pour sa part déclaré: "Nous avons été fermes (...) dans le rejet de propositions en termes de sécurité qui ne sont tout simplement pas des bases de discussion pour les Etats-Unis."
D'après les agences de presse russes RIA et Interfax, les Etats-Unis se sont engagés à répondre par écrit la semaine prochaine aux exigences de la Russie.
Le président russe Vladimir Poutine a qualifié de "ligne rouge" une adhésion de l'Ukraine à l'Otan ou le déploiement sur le territoire ukrainien d'armements occidentaux susceptibles d'atteindre la Russie.
L'Otan dit ne pas avoir de projet d'intégration de l'Ukraine à court terme mais elle rejette l'idée que la Russie puisse de fait s'arroger un droit de veto sur son éventuel élargissement.
Au cours de deux entretiens le mois dernier, le président américain Joe Biden a prévenu Vladimir Poutine qu'une agression russe de l'Ukraine amènerait les Etats-Unis à imposer des sanctions sans précédent contre la Russie. Le président russe a répondu que Washington commettrait une grave erreur qui entraînerait une rupture complète des relations.
(Reportage Dmitry Antonov et Gabrielle Tétrault-Farber, avec Maxim Rodionov, rédigé par Mark Trevelyan, version française Bertrand Boucey, édité par Sophie Louet)

0 commentaire
Vous devez être membre pour ajouter un commentaire.
Vous êtes déjà membre ? Connectez-vous
Pas encore membre ? Devenez membre gratuitement
Signaler le commentaire
Fermer